L’exécution du Major Davel

Pays sujet, le Pays de Vaud n’inquiéta guère ses maîtres. En 1722, quelques pasteurs refusèrent de signer la confession de foi très rigide qu’imposait Berne. Mais le régime ne fut guère critiqué avant le Manifeste du Major Davel, en 1723. Davel, né en 1670, fils de pasteur, notaire, puis officier au Service de Hollande et de France, était l’un des Vaudois qui s’était distingué en 1712 à la bataille de Villmergen, en menant les troupes bernoises à la victoire.. Rentré au pays, il commandait les hommes de Lavaux. Mystique, il crut être « appelé » par Dieu à délivrer le Pays de Vaud de la domination bernoise. A la tête de ses troupes - non armées -, il marcha sur Lausanne, où il voulait rallier les notables à sa cause. Le Manifeste qu’il leur lut s’en prenait à l’administration, au fisc, à la justice, à l’impossibilité pour les élites vaudoises d’accéder aux premières places. Il demanda l’émancipation des Vaudois et la déchéance de Berne. Les notables lausannois le dénoncèrent à Berne. Condamné à mort, il fut exécuté à Vidy le 24 avril 1723.
« C’est ici le plus beau de mes jours. Je rends grâces à Dieu de la grâce qu’il me fait de me sacrifier pour la gloire et le bien de ma patrie ! » Ce furent là ses dernières paroles.

Les évènements extérieurs ne touchent guère la paisible population de Juriens. Le jour même où le Major Davel était décapité à Lausanne, « les Sieurs Confrères de l’Abbaye de Juriens assemblés pour vaquer aux affaires de Confrérie » discutent des comptes annuels et acceptent l’offre de Samuel Sordet, de fournir pour 34 Batz une « collation honnête, à contentement de la compagnie, tant en pain, beau et bon que fromage et gauffres »…

Extraits de Histoire du Pays de Vaud de Lucienne Hubler et Bref historique des remières Abbayes de Juriens de 1653 à 1857 par Jean-Jacques Fiechter.